quai de gare JaisalmerNous avions 300 km à faire entre Jaisalmer et Bikaner, et plutôt que perdre une partie de la journée en voiture nous avons préféré le train. Nous avions déjà testé quelques jours avant entre Jodhpur et Jaisalmer et il y a quelques années dans le sud de l'Inde. C'est donc en vieux habitués que nous sommes arrivés à la gare vers 23 h pour un départ prévu une petite heure plus tard et une arrivée à 5h30 le lendemain matin.

Mais nous n'étions pas seuls.

Ce sont également les vacances de Noël ici et la classe moyenne indienne qui a émergé il y a quelques années adooooore le tourisme. Le Rajasthan est grand et il y en a pour tout le monde. Sauf que le rapport à l'autre des indiens est très différent du nôtre.

Quand je fais la queue je laisse un espace entre moi et la personne devant. Pas en Inde, ou alors c'est accepter qu'une, deux ou trois autres personnes s'installent dans cet espace. Rien d'agressif, c'est juste normal. C'est la même chose en voiture. Dans une rue trop étroite pour se croiser, tout le monde se rue sur l'espace libre : piétons, voitures, rickshaw, vélos, vaches et chiens, en klaxonnant ou meuglant pour passer le premier. Quand tout le monde est bloqué, c'est le plus petit qui recule (mais rarement les vaches). Ici, point de messes basses. Vous avez un truc à dire ou un coup de fil à passer, vous pouvez hurler, ça ne dérange personne. Vous voulez écouter de la musique sur votre portable, allez-y avec le volume à fond, ça le fait. Vous rentrez à l'hôtel à deux heures du mat', pas la peine de chuchoter. Vous voulez prier avec force tambours, cors et clochettes à 5h30 sur la terrasse de l'hôtel, no problemo.

Et tous ces gens en vacances sont arrivés le lendemain de notre installation à Jaisalmer. Et, de petite ville tranquille et agréable, la forteresse s'est transformée en un brouhaha infernal ou des meutes de gens se bousculent pour faire un selfie devant un canon ou le portrait d'un maharaja.

Et quelques uns d'entre eux on pris le train avec nous.

En couchette.

Là où l'on est censé dormir.

j compartiment

Le système des couchettes est simple. Dans un wagon AC 3 tiers, il y a des petits compartiments ouverts de deux fois trois couchettes superposées, et deux autres dans le couloir. En régime de jour 3 personnes peuvent s'asseoir sur chaque couchette du bas. Et si vous n'avez pas les moyens pour voyager couché, vous pouvez aussi réserver les 3 places assisses sur la couchette du bas du couloir. On peut ainsi avoir dans un même compartiment des gens couchés (7) et des gens assis (3). Et comme assis on dort mal, c'est sympa de passer le temps à parler avec ses potes à l'autre bout du wagon. Enfin crier. Ou jouer aux jeux vidéos (avec le son cela va de soi). Et quand on veut aller pisser, et bien on se lève et on allume toutes les lumières des compartiments jusqu'aux toilettes. Et on éteint pas en revenant.

Et curieusement ça ne dérangeait que les quatre français en balade qui pensaient naïvement qu'un compartiment couchette c'était fait pour dormir.

5h30 du matin, on a débarqué dans une gare de zone, avec les chauffeurs de rickshaw qui voulaient nous vendre une balade à dromadaire ou la visite du fort. Vous imaginez notre humeur...

On a finalement embarqué dans un tuk-tuk direction l'hôtel, où nous avons trouvé porte close, tout éteint. On a réussi à entrer en poussant la double porte. Dans le noir, on a trouvé un patio, puis la réception avec deux banquettes. On a allongé Mélanie qui s'était rendormie et on a attendu. Il était 6 heures et des poussières, et l'Inde commençait à nous souler grave.

Finalement vers sept heures le patron est arrivé en calbut, à peine surpris de nous trouver là. Il nous a filé une chambre libre et demandé à en préparer une seconde. Un quart d'heure plus tard tout le monde s'est allongé pour récupérer un peu.

j hotel bikaner

Nous avons ensuite découvert les lieux. L'hôtel était installé dans une superbe demeure ayant appartenu au grand-père du patron, colonel d'un régiment de dromadaire qui a combattu avec les anglais jusqu'au Japon. La maison a beaucoup de charme, même si un sérieux coup de peinture et un bon nettoyage ne lui ferait pas de mal. Le patron fait partie de la société indienne éduquée et respectueuse. Nous n'étions pas des clients, mais ses hôtes. Et c'était très agréable.

L'Inde et le peuple indien ont vraiment de multiples facettes que nous ne cessons de découvrir durant ce voyage. Parfois énervantes, souvent drôles ou touchantes, mais toujours authentiques.

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